La situation du loup en Corrèze

 
 

Suite à la découverte d’indices pouvant être attribués au loup en 2017 et à la présence confirmée du loup dans le département voisin du Cantal, le préfet de la Corrèze a souhaité que soit installée une cellule de veille « loup » en Corrèze. Celle-ci est composée notamment des services de l’État (DDT, Dreal, Draaf), de l’OFB, de la Chambre d’Agriculture et des organisations professionnelles agricoles, des associations de protection de l’environnement, de la Fédération de chasse, de la louveterie, d’experts techniques et représentants locaux des collectivités territoriales.

Installée en février 2018, le préfet de la Corrèze a réuni de nouveau la cellule de veille « loup » le jeudi 3 octobre 2019.

Cette instance a permis d’échanger sur les dernières évolutions du plan national loup notamment les dispositifs disponibles (protection et indemnisation) pour les territoires en front de colonisation dont fait partie la Corrèze, et de faire un point sur la situation du département en termes de prédation subie par les éleveurs. En effet, depuis son retour en France dans les années 90, le loup a recolonisé naturellement les Alpes françaises, puis les Pyrénées et le Massif central, et progresse depuis sur une grande partie de l’est de la France. Le Limousin constitue désormais un front de colonisation de l’espèce.

A ce jour, dans le département de la Corrèze, malgré un nombre croissant de signalements (24 en 2019 contre 26 pour la période 2001/2018), aucun des constats de prédation sur bétail domestique, expertisés par le réseau loup de l’office français de la biodiversité (OFB) n’a été attribué au loup.

Le réseau loup

C’est dans le cadre de cette cellule de veille qu’un réseau d’observateur a été officiellement installé en 2018 dans le département de la Corrèze. Les membres de ce réseau multi partenarial sont désormais référents en matière de relevés d’indices de présence du loup, lesquels permettent le suivi de l’aire géographique de répartition de l’espèce et apportent des éléments techniques lors des constats de dommages.

Le réseau Loup en Corrèze compte 25 acteurs locaux qui ont été formés et qui émanent des structures suivantes: OFB - Lieutenant de Louveterie - Syndicats agricoles - Modef - Fédération de la chasse - DDT - PNR Millevaches en Limousin - Association de protection de l'environnement.

diagramme_loup1
diagramme_loup2

L’étude de vulnérabilité de la ferme Limousine

Néanmoins, dans une perspective d’anticipation, l’État a confié à l’Institut de l’élevage en partenariat avec les chambres d’agriculture, la conduite d’une étude qui a débuté fin août 2019 à l’échelle de l’ancienne région Limousin. Cette étude permettra d’identifier les facteurs de vulnérabilité des différents systèmes d’élevage et de proposer des mesures de protection des exploitations adaptées au territoire et aux conditions d’élevage. Par ailleurs, elle évaluera les conséquences prévisibles sur les exploitations de la gestion de la présence du loup d’un point de vue économique, environnemental et social. Elle n’a pas vocation à démontrer la présence ou non du loup dans la région.

Cette étude s'articule en 3 étapes:

1ère étape: septembre - octobre 2019:

Comprendre les enjeux en caractérisant le territoire étudié et en identifiant les différents systèmes d'élevages au vue de l'aléa loup.

2ème étape: novembre - décembre 2019:

Caractériser les facteurs de prédation par le loup et analyser la vulnérabilité et l'adaptabilité des systèmes d'élevages, co-construit avec les acteurs de terrain.

3ème étape: janvier - mars 2020:

Synthétiser les moyens de protection disponibles et identifier les actions pour diminuer le risque de prédation, co-construit avec les acteurs de terrain.

La restitution de l'étude attendue pour le premier semestre 2020 sera présentée lors de la prochaine cellule de veille.